Aujourd’hui, une exploration d’un lieu que j’ai décidé de nommer « La tôlerie Poquelin », bêtement parce que c’était en partie sa fonction du lieu avant la mise en liquidation judiciaire de la boîte mère à la fin des années 2000 : une manufacture de tôle. Je reste un peu déçu de mes photos, elle sont assez moyennes.

Disclaimer

L’Urbex, c’est pas bien, faut pas le faire, ce n’est pas illégal, mais ce n’est pas légal non plus, puis, ce lieu, sans être vraiment dangereux car sa structure est encore en bon état, est rempli de produits chimiques qui ont été stockés dans des mauvaise conditions pendant une décennie. En plus, cette fois-ci, je n’ai rien préparé et je suis rentré seul, sans prévenir personne, ce qui n’est pas conseillé (fais ce que je dis, pas ce que je fais…). Il faut faire gaffe à ne pas marcher où il ne faut pas (ce que j’ai fait…) et rester la chaussure collée au sol, arriver à la décoller puis rester avec plein de produits sûrement hautement cancérigène en dessous…

L’histoire

Ouverte en 2004 et fermée en 2009, il n’y a pas grand chose à dire sur cette entreprise, elle créait des pièces et peignait de tôle pour la réparation d’automobile et de camion de la maison mère qui les revendaient réparés. Cette société avait aussi quelques chauffeurs poids-lourd mais je ne sais pas vraiment ce qu’elle transportait. Je suppose qu’une partie d’un des deux hangars permettait la réparation de voitures et de camions, mais sans en avoir la pleine confirmation, seule quelques pièces automobiles et les nombreux pneus me laissent à penser que ça puisse être le cas.

Je n’ai pas vraiment trouvé l’histoire de cette petite manufacture, si ce n’est les documents de la procédure judiciaire qui expliquaient sa déchéance : cessation de paiement, redressement judiciaire, liquidation judiciaire, vente de ce qui peut être vendu pour désintéresser les créanciers, clotûre pour insuffisance d’actifs. La plupart des machines transportables et ayant de la valeurs ont été revendues aux enchères, les autres objets sans nouveau propriétaire sont restés là, attendant que le temps fasse son effet.

Courrier du 2 septembre 2009 d’un ex-employé au mandataire judiciaire :

« Maître,

Monsieur X m’a toujours rémunéré sauf depuis mai 2009. Il me doit un solde de mai plus mon salaire de juin, juillet et des congés payés. Après plusieurs promesses faites pas téléphone par celui-ci, il n’a toujours pas honorer sa dette envers moi.

Ma situation financière est des plus délicates et je ne peux plus honorer mes créanciers.

Je vous joins mon listing de compte-rendu de mes heures et de mes frais des mois de mai, juin. Je n’ai pu obtenir celui du mois de juillet, mais Monsieur X l’a en sa possession ainsi que mes disques prouvant que j’ai travaillé pour lui.

Sachant qu’il est en dépôt de bilan depuis fin juillet 2009 et n’arrivant plus à le joindre par téléphone, j’intercède auprès de vous afin de régularise la situation.

En espérant que vous prendrez ma demande en considération, et restant à votre disposition pour tout autre renseignement, je vous prie de croire, Maître, en l’assurance de ma considération. »

L’exploration et les photos

La tôlerie Poquelin se situe dans un petit village du Vexin et cela faisait deux ans et demi que je passais devant pour amener ma fille à l’école, sans m’apercevoir de son abandon. J’ai tilté un soir, il y a plusieurs mois déjà, en m’arrêtant devant pour passer un coup de fil (parce que c’est pas bien de téléphoner au volant). La grille principale était dans les thuyas non taillés depuis un moment, une des porte des hangars était ouverte et un bout du grillage était plié comme s’il y avait des gens qui passaient « régulièrement » par là (quand je dis « régulièrement », je parle d’une fois de temps en temps, aucun chemin ou sentier n’est dessiné). Dans un premier temps, j’ai bien checké le soir ou le matin si ça bougeait à l’intérieur en me jurant de l’explorer quand j’aurai un peu de temps devant moi : c’est chose faite.

L’accès est très facile quand on sait que c’est abandonné, je suis rentré par la grande porte du hangar nord laissée grande ouverte. La première réflexion que je me suis faite, c’est que le spot est bien plus grand à l’intérieur que ce que l’on peut voir de l’extérieur, en effet, la façade ne laisse pas présager une si grande profondeur.

Sans être immense, les deux hangars (nord et sud) reliés par une partie administrative/coin repas qui composent la tôlerie Poquelin font tout de même plus de 1800m². La seconde réflexion a été : « Putain, ça n’a pas été défoncé par des branleurs avec des bombes de peinture ni par des casseurs ! ». En effet, pas un tag, quelques vitres cassées mais pas vraiment à cause de personnes malintentionnés. J’appris plus tard dans mon exploration que j’arrivais peu après le 9ème anniversaire de sa fermeture et que mis à part ma petite personne, peu de monde était rentré dans cette manufacture. Et comme sur tous les lieux non entretenus, la nature reprend ses droits.

Ce n’est pas un lieu vraiment photogénique, ce ne sont pas des hauts-fourneaux ou des châteaux, j’ai eu du mal à sortir de vraiment bonnes photos, surtout que je suis resté au grand angle là où il y avait plein de détails à prendre comme cette cigarette posées dans la partie cuisine recouverte de quelques centimètres de toile d’araignée.

Il faut se rendre à l’évidence, même si l’on pouvait s’attendre à autre chose, il y a beaucoup de vide. Comme dans pas mal d’exploration, on a tout de même l’impression d’être dans un monde post-apocalyptique. Seul le bruit des voitures de la route au loin et les cris des corbeaux nous rappelle la civilisation.

Dans le hangar nord se trouve du bordel ainsi qu’une chaîne de production en à peu près bon état avec de jolis crochets.

Le hangar sud de la tôlerie Poquelin contenait potentiellement un atelier de mécanique, sans que ce soit sûr, ni la seule chose (partie conditionnement du produit fini peut-être ?).

Bien que vidée de toute substance, on trouve quand même des vestiges de la partie administrative ainsi que du coin repas.

Ce que j’aime bien dans les explorations, ce sont les toilettes, simplement parce que ce sont les lieux qui ne sont pas trop touchés par les casseurs et dans notre cas, la vente forcée.

Il reste quand même quelques machines dans cet endroit:

Puis il reste les autres photos inclassables :

Quelques semaines plus tard, on est retournés à la tôlerie Poquelin avec Antoine et Thui-Vi dans la foulée, mais je n’ai pas pris le temps de faire tout ce que j’avais encore à faire photographiquement parlant dans ce lieu, je pense que personne n’était revenu dans ce bâtiment depuis mon dernier passage, rien n’avait été bougé. Je pense qu’au vu de son emplacement, une fin lente attend ce bâtiment, pas beaucoup de passage par cette route, ce n’est pas plus mal.

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Photographe à mes heures perdues, j'essaie de donner le meilleur de moi-même quand j'ai trois minutes. Je n'attends qu'une seule chose de la vie : la retraite !

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