Test : Minolta XG-1, un appareil semi-intéressant

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Voilà un nouveau test sur le dernier reflex argentique acquis : un Minolta XG-1, il fut produit à partir de 1978. Je qualifierai de semi-intéressant. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est presque limité dans son usage, nous allons voir ça plus loin.

Mon exemplaire

Il s’agit d’un boitier Minolta XG-1 numéroté 3212936. Il fonctionne bien malgré les années et n’a que quelques traces d’usure mais surtout de saleté. Je l’ai trouvé sur une brocante pour 18€ (ça vaut pas énormément plus) avec deux objectifs et un flash :

  • Un SICOR-XL AUTO ZOOM MC 35-70mm F3.5-4.5 n° 830237, c’est un zoom à pompe générique qui ne vaut pas grand chose si ce n’est qu’il finira sûrement en presse-papier.
  • Un HANIMEX HI.TECH AUTO ZOOM 75-205mm F3.8-4.5 MACRO n° 81002533, encore un zoom à pompe qui n’a de macro que le nom et qui ne vaut pas grand chose non plus.

Ces deux objectifs, bien que je les aie testés par principe, ne présentent pas un grand intérêt au niveau qualitatif, il s’agit d’objectifs bas de gamme vendu avec les reflex argentiques de l’époque pour les gens n’ayant pas les moyens de prendre les cailloux de la marque.

J’avais dans mes placards deux objectifs que j’avais achetés avec un SRT100B – dont le viseur est dégueulasse, les vitesses bizarres et la cellule HS – il y a quelques temps déjà en attendant de trouver un vrai boitier Minolta, ce qui est maintenant chose faite :

  • Un MINOLTA MC-ROKKOR 50mm F2 n° 1171092
  • Un TOKINA RMC 90-230 F4.5 constant n°7701331 qui a une « position macro » honorable

Le flash est un cobra Minolta Auto 132X n° 20571212. Il déclenche parfaitement, ce qui est rare pour des flashs de cet âge-là. Il fait le bruit spécifiquement strident des flashs de son époque avec le condensateur qui se charge. C’est un bruit fort désagréable à l’oreille mais j’ai quand même été content de l’entendre.

Caractéristiques techniques

Voici une reproduction des caractéristiques trouvées dans le manuel que j’ai honteusement téléchargé sur le site de Benoit Suaudau vu que je n’en ai pas d’exemplaire.

Type : 35mm, reflex, mono-objectif, avec contrôle automatique ou manuel de
l’exposition.

Monture : Monture MD

Obturateur : Obturateur à rideaux en soie caoutchoutée à défilement horizontal; vitesses de 1 à 1/1000s [NDLR : par palier de 1IL] et pose B.

Synchronisation : Prises FP et X ainsi qu’une griffe à contact avec synchronisation X à interrupteur automatique; synchronisation X au 1/60s.

Retardateur : Déclenchement retardé de 8 à 15 secondes.

Viseur : Viseur à prisme en toit à faces argentées; dépoli de visée à stigmomètre et microprismes; champ couvert : 95% de la fenêtre de prise de vue et grossissement 0.95x.

Affichage dans le viseur : ouverture du diaphragme, vitesse d’exposition et diodes électroluminescentes colorées.

Posemètre : Posemètre TTL à prépondérance au centre pour mesurer à pleine ouverture avec affichage de l’exposition au moyen de diodes électroluminescentes tricolores.

Sensibilité : 25 à 1600 iso / Plage de couplage EV1 à EV 19 (ISO 100 F1.4)

Alimentation électrique : Deux piles à l’oxyde d’argent de 1.5V (SR44).

Taille : 135.5 mm x82.5 mm x49.5 mm

Poids : 495 grammes

Comme le montre la fiche technique, on est là sur un appareil des années 80 correct, avec sur le papier tout ce qu’il faut pour prendre des photos dans de bonnes conditions. Cependant, la plage iso est un peu limitée quand on est vraiment dans une configuration de basse lumière.

Prise en main

La première chose qui vient à l’esprit, c’est la solidité apparente de l’appareil, il est lourd, semble bien construit. La seconde chose qui me vient à l’esprit, c’est le toucher pas forcément très agréable de ses cuirettes qui font plus plastique que cuir. Sa poignée légèrement proéminente permet tout de même une bonne préhension de l’ensemble sans avoir peur de le faire tomber.

Ergonomie

On arrive sur le classique barillet des vitesses en haut/barillet du mode semi-auto et une bague pour l’ouverture directement sur l’objectif. C’est un appareil qui s’utilise essentiellement en mode semi-automatique. C’est un mode priorité à la vitesse qui permet d’exposer facilement et rapidement tout en ayant une correction d’exposition en +/-2IL. Ce mode donne de bons résultats pour l’exposition : c’est le plus de cet appareil. Personnellement 90% de mes photos sont faites avec ce mode que ce soit en numérique ou en argentique quand l’appareil en est pourvu.

La cellule s’active directement quand on passe le doigt sur le déclencheur, ce qui est agréable et en plus c’est vraiment très réactif.

Le viseur est grand et clair, comme la plupart des viseurs de cette époque, ce qui permet de composer correctement son image. Il n’y a pas de fioriture : au centre, le stigmomètre et à droite, les vitesses qui s’affichent quand on est en mode A c’est bien d’avoir l’information.

Le gros bémol de cet appareil c’est quand on débraye le mode priorité à l’ouverture, en effet, quand on passe en mode manuel, on n’a plus accès aux informations de la cellule, on est obligé de passer par le mode A pour avoir les indications, puis repasser en mode manuel… Ce qui n’est pas bien pratique sachant que la molette pour passer de l’un à l’autre est sur le dessus…

L’autre problème de cet appareil, c’est qu’il n’a pas de testeur de profondeur de champ. Personnellement, je l’utilise beaucoup pour prévisualiser mes images.

Le son de l’obturateur est agréable sans être trop violent, ce n’est pas l’appareil le plus discret que je possède, mais je pense que pour faire de la street, on ne se fera pas repérer.

Il faut quand même donner l’information que la sangle vendue avec l’appareil à l’époque est pourvue d’un cache pour l’œilleton pour les poses longues, mais également, d’un endroit où l’on peut mettre deux piles SR44 au cas où on tomberait en rade. C’est bête, mais ça peut sauver une journée photo !

Quelques exemples de photos

Pour la petite histoire, j’ai fait deux pellicules avec cet appareil, la première, c’est celle que vous voyez ici. La seconde était en fait de la « trash-photography » au flash avec des compos pas terribles, malheureusement, j’ai laissé la pellicule dans le pantalon et par la force des choses est passée au lave-linge/sèche-linge. Forcément, avec la flotte et la gélatine suivi du séchage, la pellicule est bloquée et il faut que je trouve le courage de la développer en cuvette.

Toutes les photos présentées ici ont été faites au Tokina 90-230 qui finalement, n’est pas mauvais. La pellicule, c’est de l’Ilford HP5+ développé dans du LC29 en 1+19. J’ai un peu poussé le développement, ce qui a entrainé la montée du grain.

Je ne me suis pas embêté à les tirer sur papier cette fois-ci, surtout au vu de la qualité artistique de mes photographies. J’ai donc numérisé avec mon EOS 70D équipé de mon EF 100mm macro F2.8L :

Alors qu’est-ce que je pense du Minolta XG-1?

Le Minolta XG-1 n’est pas un mauvais appareil, je l’aime bien d’ailleurs, mais si l’on veut découvrir le mode M et avoir le testeur de profondeur de champs, on passera son chemin. Soit cet appareil est destiné à un vrai débutant qui voudra avoir directement des résultats sans se fatiguer, sachant qu’il pourra tout de même évoluer avec le mode M même s’il n’est pas pratique du tout (ou avec une cellule à main?), soit cet appareil est destiné à une personne qui connait déjà bien le fonctionnement d’un appareil photo et qui n’aura pas besoin du mode manuel.

Ce que j’ai aimé

  • La gueule de l’appareil
  • Le mode priorité à l’ouverture qui expose tout le temps correctement pour peu qu’on utilise la correction d’exposition
  • La sangle qui permet de toujours garder un jeu de piles sur soi
  • Réactivité de la cellule lorsque l’on pose le doigt dessus

Ce que je n’ai pas aimé

  • Mode manuel sans cellule
  • Barillet des vitesse au dessus
  • Sangle pas agréable à porter

Et en cadeau ?

Le lien vers le PDF du manuel

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