Test : Asahi Pentax MX, un classique

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J’ai trouvé ce Asahi Pentax MX en brocante avec son objectif 50mm F1.7 ainsi que son flash pour 15€. C’est un reflex mono-objectif (SLR) entièrement mécanique (hormis la cellule) produit au Japon entre 1976 et 1985. Il s’agissait à l’époque d’un des plus petits boîtiers haut de gamme. Mais que vaut-il de nos jours ?

Mon exemplaire

Mon boitier est numéroté 4455089, malgré quelques recherches rapides, je n’ai pas réussi à trouver de site qui permettrait de connaître sa date de production en partant de son numéro de série. Ce qui est dommage. Au niveau esthétique, ce n’est pas un boitier dans un état irréprochable : il a baroudé et ça se voit. Mais ne serait-ce pas ça qui fait tout le charme de cet appareil ? Je me le demande. Pour en revenir à sa beauté extérieure, la peinture est partie à quelques endroits sur le dos, il y a des quelques rayures par-ci par-là, quelques bosses sous la semelle, mais les cuirettes n’ont pas bougé et semblent neuves. En fin de compte, rien qui pourrait empêcher son bon fonctionnement. (C’est toujours une joie pour moi de trouver un appareil fonctionnel avec des vitesses justes, car quand on se retrouve avec un boitier bancal, on a pas envie le sortir.)

J’ai aussi un flash un Pentax AF200S, mais qui n’est pas fonctionnel. Ce n’est pas grave non plus, mais c’est triste vu qu’il a l’air neuf. Toutefois, il ne faut pas oublier que c’est du matos qui a plus de trente ans et que l’électronique de cette époque vieillit assez mal. A l’occasion, je le démonterai pour voir ce qu’il a dans le ventre.

Il a quand même de la gueule avec son flash non ?

Caractéristiques techniques

J’ai reproduit ici les caractéristiques techniques qui me semblent les plus importantes. Je les ai trouvées dans le manuel, dont vous trouverez l’intégralité en PDF en fin d’article.

Type : Reflex mono-objectif 24×36 mm avec posemètre TTL à prépondérance au centre et à mesure à pleine ouverture.

Monture : Monture à baïonnette Pentax K

Obturateur : Obturateur à rideaux en soie caoutchoutée à défilement horizontal; vitesses de 1 à 1/1000s [NDLR : par palier de 1IL] et pose B.

Synchronisation : Prises FP et X ainsi qu’une griffe à contact avec synchronisation X à interrupteur automatique; synchronisation X au 1/60s.

Retardateur : Déclenchement retardé de 8 à 15 secondes.

Viseur : Viseur à prisme en toit à faces argentées; dépoli de visée à stigmomètre et microprismes; champ couvert : 95% de la fenêtre de prise de vue et grossissement 0.95x.

Affichage dans le viseur : ouverture du diaphragme, vitesse d’exposition et diodes électroluminescentes colorées.

Posemètre : Posemètre TTL à prépondérance au centre pour mesurer à pleine ouverture avec affichage de l’exposition au moyen de diodes électroluminescentes tricolores.

Sensibilité : 25 à 1600 iso / Plage de couplage EV1 à EV 19 (ISO 100 F1.4)

Alimentation électrique : Deux piles à l’oxyde d’argent de 1.5V (SR44).

Taille : 135.5 mm x82.5 mm x49.5 mm

Poids : 495 grammes

Comme le montre ces caractéristiques, on est là sur un appareil classique de la fin des années 70 début 1980. Par exemple, l’Olympus OM1 présente des caractéristiques très similaires à l’exception de la cellule qui est alimentée par une pile PX 625 (au mercure) difficilement trouvable de nos jours avec la bonne tension.

Prises en main

C’est un appareil relativement lourd, tout en métal qui inspire confiance et robustesse comme beaucoup d’appareil de l’époque, son poids permet une bonne stabilité dans le déclenchement et permet d’éviter le flou de bougé. Le grip de la cuirette est agréable au toucher sans être du velours non plus et permet une bonne préhension de l’ensemble.

Avec le 50mm, c’est un appareil assez équilibré qui, avec la large sangle de cou qui m’a été fournie, ne pèsera que très peu sur mes cervicales à la fin de la journée.

Ergonomie

Au niveau de l’ergonomie, c’est assez rustique : on est sur un boitier entièrement manuel, on a aucun automatisme mis à part l’indication de la cellule pour bien faire son exposition.

Mais puisqu’une image vaut mille mots et que le manuel est assez bien fait :

C’est une configuration classique : on trouve le barillet des vitesses/sensibilité sur le dessus pas facilement accessible l’œil dans le viseur lorsqu’il faudra les changer le temps de pose, la bague du diaphragme sur l’objectif comme d’habitude, le levier d’armement qui tombe sous le pouce, un déclencheur et un testeur de profondeur de champ.

Cependant, cet appareil a quelques petits trucs qui le rend intéressant comme le rappel de la vitesse et du diaphragme dans le viseur et le testeur de profondeur de champ en façade – qui sert aussi de retardateur – permet d’être utilisé très facilement et du coup, il prend tout son sens et entre naturellement comme outil pour la composition de l’image.

J’aime beaucoup le viseur de cet appareil. Il est grand et lumineux, parfait pour composer une image de la meilleure façon qui soit. Le rappel du diaphragme se fait à partir d’une petite fenêtre qu’on voit au niveau du prisme, mine de rien, les ingénieurs ont été malins. Le stigmomètre et les microprimes permettent une mise au point précise et rapide, sans compter que le dépoli est interchangeable ce qui peut être intéressant.

Prise au téléphone, comme quoi, ça peut servir de temps en temps, mais ça donne une idée de la disposition des informations dans le viseur. Le stigmomètre est au centre mais ne se voit pas très bien.

La cellule est assez pauvre en indication mais facile à utiliser, elle s’active quand on enfonce le déclencheur à mi-course et que le levier est décollé du boitier, chose chiante quand on vise de l’œil gauche comme moi et elle a 5 positions qu’on pourrait résumer comme ceci :

Beaucoup trop surexposé

Surexposé d’un IL

Bien exposé

Sous-exposé d’un Il

Beaucoup trop sous-exposé

En deux mots : c’est pas très précis mais fonctionnel.

Lors du déclenchement, l’appareil produit un son assez sec qui est tout de même assez fort, peut-être y a-t-il la possibilité de changer les mousses du miroir afin de l’atténuer.

Quelques exemples de photo…

Toutes les images ont été faites au 50mm F1.7 PENTAX-A (monture K) numéro 1508107 sur Ilford HP5+ @400 ISO développé dans du Ilford Ilfotec LC29 1+9 pendant 4 minutes et trente secondes à 20°C (10 secondes de retournement au début puis 10 secondes toutes les minutes jusqu’à la troisième minute.)

Les négatifs sont contrastés, un peu trop d’ailleurs, je n’aurais pas dû les laisser une minute de plus, mais je voulais que les ombres montent, la bonne nouvelle, c’est que j’ai du détails dans les ombres et les hautes lumières. La mauvaise, c’est que j’étais fatigué quand j’ai fait mes tirages du coup, j’ai voilé une boîte de 100 feuilles que je venais d’ouvrir, donc, pas beaucoup d’images. (Ben oui, c’est pas très intelligent d’allumer la lumière pour regarder si ton tirage est assez contrasté sans avoir refermé le couvercle de la boîte…)

Les négatifs ont été tirés sur papier Ilford Multigrade Perlé 13*18 avec du Tetenal Eukobrom et les tirages ainsi obtenus ont été scannés sur un bête scanner à plat de bureau.

Les Andelys avec le chateau Gaillard dans le fond - Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys avec le château Gaillard dans le fond – Pentax MX + 50mm f1.7
Saint Gervais (95) pris de la route - Pentax MX + 50mm f1.7
Saint Gervais (95) pris de la route – Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys - La seine - Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys – La seine – Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys - La seine - Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys – La seine – Pentax MX + 50mm f1.7
Les andelys - Le petit Andelys - Pentax MX + 50mm f1.7
Les Andelys – Le petit Andelys – Pentax MX + 50mm f1.7

Alors ?

Le Pentax MX fait son taf ! C’est un appareil extrêmement simple mais terriblement efficace qui, avec son petit gabarit, peut s’emporter aisément partout. C’est un appareil classique de chez classique qui ne diffère que de très peu des autres appareils mécaniques haut de gamme (ou pas) de cette époque. Il n’est pas très exigeant quand on connait la base de la photographie à savoir le trio sensibilité-vitesse-ouverture et reste très agréable à utiliser malgré le bruit de son déclencheur. Je pourrai le recommander à ceux qui voudraient se mettre à l’argentique avec un appareil entièrement manuel ou juste retrouver des sensations en déclenchant de l’horlogerie de précision.

Honnêtement, il m’a donné presque envie de revendre du matériel pour acheter des optiques de la marque et le garder comme boitier argentique de tous les jours, mais pour le moment, ce n’est pas au programme. Un jour peut-être !

Ce que j’ai aimé

  • Le viseur
  • La prise en main
  • La facilité d’utilisation
  • Le look
  • Le testeur de profondeur de champ facilement accessible
  • Le gabarit
  • Piles SR44

Ce que je n’ai pas aimé

  • Le barillet de vitesse sur le dessus
  • Le déclenchement assez bruyant
  • La cellule qui s’actionne quand le levier est décollé de l’appareil

Et en cadeau ?

Un scan du manuel en PDF.

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